Zazie dans le métro . Raymond Queneau

Zazie dans le métro . Raymond Queneau
L'être ou le néant, voilà le problème.
Monter, descendre, aller, venir, tant fait l'homme qu'à la fin il disparaît. Un taxi l'emmène, un métro l'emporte, la tour n'y prend garde, ni le Panthéon. Paris n'est qu'un songe, Gabriel n'est qu'un rêve (charmant), Zazie le songe d'un rêve (ou d'un cauchemar) et toute cette histoire le songe d'un songe, le rêve d'un rêve, à peine plus qu'un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh! pardon).
Là-bas, plus loin - un peu plus loin - que la place de la République, les tombent s'entassent de Parisiens qui furent, qui montèrent et descendirent des escaliers, allèrent et vinrent dans les rues et qui tant firent qu'à la fin ils disparurent. Un forceps les amena, un corbillard les remporte et la tour se rouille et le Panthéon se fendille plus vite que les os des morts trop présents ne se dissolvent dans l'humus de la ville tout imprégné de soucis.
Mais moi je suis vivant et là s'arrête mon savoir car du taximane enfui dans son bahut locataire ou de ma nièce suspendue à trois cents mètres dans l'atmosphère ou de mon épouse la douce Marceline demeurée au foyer, je ne sais en ce moment précis et ici-même je ne sais que ceci, alexandrinairement:
"les voilà presque morts puisqu'ils sont des abscents."
# Posté le mardi 07 avril 2009 15:27

à lire.

à lire.


Tandis que j'agonise de William Faulkner

# Posté le mardi 07 avril 2009 15:32

La cantatrice chauve - Ionesco

La cantatrice chauve - Ionesco
"Le yaourt est excellent pour l'estomac, les reins, l'appendicite et l'apothéose."

"Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux ! "

"Le papier c'est pour écrire, le chat c'est pour le rat. Le fromage c'est pour griffer. "
# Posté le jeudi 16 avril 2009 16:06
Modifié le vendredi 08 mai 2009 15:53

L'étranger - Camus

Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver.
La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé.
J'ai secoué la sueur et le soleil.
J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux.
Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût.
Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.
# Posté le dimanche 03 mai 2009 12:59
Modifié le vendredi 08 mai 2009 15:57